L’éditorial du n° 9 (mai 2006)

JPEGVoltaire, l’intellectuel français des Lumières qui a passionné l’Europe et fasciné le roi de Prusse Frederick Le Grand (nord-est de l’Allemagne actuelle), écrivait au philosophe Rousseaux en 1760 : "Les lettres nourrissent l’âme, la rectifient, la consolent". Il parlait plus généralement de la culture à celui qui estimait alors que l’homme à l’état de nature était meilleur que corrompu par la civilisation et la culture.

Dans les moments de crise que traverse le Moyen-Orient, alors que la violence est quotidienne, que la politique se cherche, que l’économie menace de s’effondrer et que l’avenir n’est plus lisible, la culture se maintient en dépit de tout en terres palestiniennes.

Les organisateurs du premier festival de danse contemporaine en avril dernier l’ont remarquablement illustré. C’est une leçon de courage et de persévérance pour nous qui parfois sommes pris de doute quant à notre mission et à notre raison d’être.

Un centre franco-allemand, tout entier dédié à la culture à Ramallah, est assurément un lieu pour nourrir son âme, peut-être la rectifier, sans doute la consoler. Si tel est le cas pour nos étudiants, nos stagiaires et tous ceux qui viennent assister à nos expositions, nos concerts ou nos projections de films, nous aurons le sentiment de contribuer un peu au printemps qui tarde tellement à venir.

Dr. Gilles Kraemer
Directeur du Centre culturel français

publié le 13/11/2006

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