Initiative française pour la relance du PPPO – déclarations de Jean-Marc Ayrault (7 décembre 2016)

A l’occasion de la conférence de presse conjointe qu’il a faite à Paris avec son homologue espagnol, M. Alfonso Dastis, le ministre français des Affaires étrangères et du Développement international Jean-Marc Ayrault a répondu aux questions suivantes :

Q - Le président Hollande a l’intention d’inviter Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas en marge de la conférence de paix qui devrait se tenir avant Noël à Paris. Vu le contexte actuel d’une transition américaine, et avec la colonisation israélienne qui continue, cette réunion peut-elle vraiment aboutir à quelque chose et est-elle vraiment réaliste ?

R - Vous venez de donner vous-mêmes les raisons pour lesquelles c’était nécessaire, puisque vous avez évoqué la poursuite de la colonisation, avec un projet de loi qui la pérennise en dépit du droit international. Au-delà de cela, c’est la perspective de deux États qu’il faut sans cesse réaffirmer. Nous en avons parlé avec mon collègue espagnol et nous partageons la même vision. Il faut à nouveau créer les conditions des deux États et nous ne pouvons pas oublier cette perspective. Ce serait une grave faute politique vis-à-vis du peuple palestinien, mais aussi une grave faute politique par rapport à la sécurité dans cette région du Proche-Orient. La France est donc toujours déterminée à mettre en œuvre son initiative d’une conférence. Nous sommes actuellement dans un travail intense d’échanges avec nos partenaires pour créer les conditions de son organisation. Je ne donnerai pas de dates mais le plus tôt sera le mieux. Ce que nous souhaitons, c’est faire œuvre utile et refuser la fatalité et la résignation auxquelles certains sont trop facilement tentés de céder.

Q - Confirmez-vous qu’il est prévu de faire se rencontrer MM. Abbas Et Netanyahou à Paris en marge de cette conférence ?

R - C’est notre objectif, mais cela nécessite une préparation et un travail de conviction. Nous sommes en train d’y travailler, je vous le confirme. Le président de la République y prendra lui-même sa part pour faire en sorte que la grande cause à laquelle nous croyons - la cause de la paix et de la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens - ne soit pas abandonnée, je le redis. Mais nous ne sommes pas seuls. En son temps d’ailleurs, l’Espagne avait elle-même pris des initiatives pour une conférence à Madrid qui furent très utile. Cela fait aussi partie des éléments constitutifs du travail que nous faisons. J’ai, en ce moment, énormément de contacts et d’échanges avec la plupart de mes partenaires, ceux qui étaient déjà venus le 3 juin dernier, mais d’autres encore qui sont intéressés par notre démarche.

(…)

Q - La France ne fait-elle pas cavalier seul sans l’Union européenne pour aborder ce sujet ?

R - Vous avez ce que l’on appelle le Quartet qui est composé des Nations unies, de l’Union européenne, de la Russie et des États-Unis. Il travaille sur la question du Proche-Orient et il a remis, très récemment, un rapport qui était, il faut bien le dire, très critique. Critique pour toutes les parties : il y avait des critiques qui concernaient les Palestiniens, mais il y avait aussi des critiques très fortes qui concernaient les Israéliens et, en particulier la question de la colonisation.

Il est bien évident que les pays du Quartet - donc l’Union européenne - sont, au premier chef, invités à cette conférence. Qu’ai-je fait ces derniers jours ? Je vous ai dit que je suis en contact avec tout le monde. J’ai appelé Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, pour lui décrire l’état de nos travaux et, bien entendu, il s’est montré très favorable. J’ai appelé également Madame Federica Mogherini. J’en ai parlé encore récemment avec le ministre russe des affaires étrangères, Sergeï Lavrov. Et puis, hier, à Bruxelles, en marge du sommet de l’OTAN, avec John Kerry, que je reçois à nouveau samedi.

Nous travaillons ensemble, parce que l’on ne peut pas avancer sans travailler ensemble. L’Union européenne est le plus grand partenaire économique au Proche-Orient et, en particulier, d’Israël. Et, j’espère que ce sera demain le cas pour un État palestinien viable. Aussi, on ne peut pas faire sans les uns et sans les autres.

C’est en ce sens que je crois que l’Europe n’est pas absente de cette dynamique ; au contraire, elle est en pointe.

publié le 14/12/2016

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