Festival de Danse contemporaine de Ramallah : Première !

LA « MADA’A » OUVRE LE FESTIVAL DE DANSE CONTEMPORAINE

Le premier Festival de danse contemporaine de Ramallah invite, avec le soutien du réseau culturel français, la troupe du Centre national chorégraphique de la ville de Caen (Ouest de la France) pour le soir de l’ouverture dans la plus grande salle de Ramallah.

JPEG« La Mada’a », spectacle de danse et de musique avec les frères Joubran aux ouds, donnera le ton de cette manifestation à laquelle participeront plusieurs troupes palestiniennes et étrangères, dont une béninoise avec l’appui du Goethe Institut. Initiative du First Ramallah Group et de la troupe de danse Sireyyeh, le festival commence le mardi 4 avril à 19h00.

Ici, au commencement était la dabkeh, la danse traditionnelle de la région depuis le Liban jusqu’aux territoires palestiniens. Mode d’expression identitaire par excellence, cet art populaire a conduit les troupes - et parmi lesquelles Sirreyet Ramallah de l’organisme scout First Ramallah Group - à se professionnaliser et à s’ouvrir à d’autres expressions.

« Nous avons organisé ce festival, assure le directeur Khaled Al-Ayyan, non seulement pour illustrer la valeur des échanges culturels entre les Palestiniens et les autres mais aussi pour élargir notre propre horizon sur la danse moderne et contemporaine. Nous souhaitons ainsi renforcer nos compétences professionnelles dans ce domaine et renforcer notre présence sur la scène internationale. Le Festival est l’occasion aussi d’ateliers, de formation à la photographie ou à la critique sur la danse, de séminaires pour débattre de l’avenir de la danse en Palestine ». JPEG
Tout comme l’autre troupe de Ramallah, Founoun Al-Chaabieh du Popular Art Center, le Sireyyet Ramallah s’est d’abord concentré au début des années 60 sur le folklore et la préservation du patrimoine palestinien avant d’innover et de monter des spectacles où se croisent le chant, la musique, le théâtre et la danse aux accents très contemporains. Depuis 1992, la troupe participe à des festivals internationaux en Egypte, en Syrie, en Jordanie, aux Etats-unis, en Allemagne, en Angleterre ou en Italie avant de jouer à Paris, à l’Unesco, en hiver 2005 leur dernier spectacle : « Au checkpoint ». Elle reçoit aussi des chorégraphes d’Autriche, d’Espagne ou du Maroc qui y animent des ateliers comme le feront les danseurs du Centre national chorégraphique de Caen (CNC), en marge de leur représentation de « La Mada’a ». Créé par les directeurs du CNC Héla Fattoumi et Eric Lamoureux en 2004, ce spectacle est une rencontre entre la danse contemporaine et la musique de deux virtuoses du oud, les frères Joubran.

« Ce projet avec la compagnie Fattoumi-Lamoureux évoque pour moi l’océan vers lequel nous nous dirigeons tous, danseurs et musiciens, à la manière des rivières qui évoluent au gré des obstacles qu’elles rencontrent et qui finissent par se rejoindre dans l’océan jamais rempli », confie le compositeur et musicien Samir Joubran. « Du mouvement des vagues naît le rythme de la vie. J’ai rencontré en Héla Fattoumi et Eric Lamoureux des partenaires ayant la même vision que moi de la musique : libre, improvisée, sans carcan. J’ai toujours voulu voir ma musique prendre forme. La Mada’a me permet de réaliser ce rêve ». Mada’a veut dire « tension, flux » en arabe. La chorégraphie y est comme une calligraphie avec ses tensions et ses entrelacs, guidée par l’improvisation des ouds.

www.sirreyeh.org

www.ccncbn.com


SIRREYET RAMALLAH A PARIS

Le groupe de danse folklorique Sirreyet Ramallah a présenté son spectacle « Au checkpoint » au siège de l’Unesco à Paris le 26 novembre dernier. Le groupe a été invité par la délégation palestinienne de l’Unesco pour participer aux célébrations qui ont eu lieu pour le jour de solidarité avec le peuple palestinien. Près d’un millier de spectateurs, français et arabes, sont venus dans la salle de conférence en pensant qu’il s’agissait de chansons et de danses folkloriques palestiniennes. Ils ont été surpris par le groupe qui leur a présenté un événement artistique totalement différent ! Les danseuses et danseurs palestiniens ont incarné les réalités de tous les jours qui font partie de la vie quotidienne palestinienne comme les attentes et les rencontres aux différents barrages. Les spectateurs étaient muets, étonnés et conquis par la performance. Ils l’ont applaudie très fort et certains ont pu dire que « ce spectacle a bien mérité d’étre présenté dans la capitale de la culture qu’est Paris » !

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Le groupe devant la pyramide du Musée du Louvre.

Les membres du groupe ont eu l’occasion de découvrir les sites touristiques et culturels de la capitale française pendant leur séjour grâce a un tour organisé par la délégation palestinienne de l’Unesco. Ce voyage a reçu le soutien de l’Autorité palestinienne, du Consulat général de France à Jerusalem, de la délégation palestinienne de l’Unesco à Paris, de la Fondation Abdel-Mohsen Qattan et de l’entreprise Jawwal.

Khaled Al-Ayyan, Directeur de Serriyet Ramallah

publié le 19/05/2006

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