Evènement : La musique dit non !

Comment maintenir une « Fête de la musique » le premier jour de l’été, le 21 juin, alors que Ramallah comme les territoires palestiniens vivent toujours plus dans la crise et la violence ? En se rappelant que partout dans le monde, comme le dit la chanson « la musique est un cri qui vient de l’intérieur », et qu’elle peut aussi dire non.

Depuis 25 ans, plus de 250 villes dans 130 pays sur les cinq continents ont adopté cette journée spéciale toute dédiée à la musique et à ceux qui la pratiquent en professionnels ou amateurs. Marquant le début de l’été, comme les anciennes fêtes paysannes qui célébraient le jour le plus long de l’année, l’événement a été lancé par le ministère français de la Culture de Jack Lang et s’est bientôt diffusé dans toute l’Europe et ailleurs. Moment de gratuité, de partage, d’expression libre au travers d’un média qui transcende toutes les barrières, il est devenu rapidement un véritable fait de société. Repris par les centres culturels à travers le monde, il illustre une mondialisation de l’harmonie.

Mais la musique est aussi un moyen d’exprimer ses souffrances, ses colères, ses refus. « Lorsque les soldats venaient, Mahmoud se taisait. C’est sa mère qui disait : Mahmoud n’est qu’un enfant... » chante le groupe Tourab des frères Zayed qui ont joué au Centre culturel pour la Fête de la musique l’année dernière et viennent de sortir leur premier CD « Hada Leil » (Voici la nuit ).

JPEGCette année, le centre travaille avec l’école de musique Al-Kamandjati fondée par Ramzi Abu Redwan (cf. : Manara n°2 et 5) pour organiser un grand moment populaire dans plusieurs endroits de la ville autour du slogan : « la musique dit non » décliné en plusieurs langues. Une façon de rester debout alors que le blocus financier et militaire fait étouffer les territoires palestiniens.

La journée du 21 juin commencera par des concerts des élèves et des professeurs d’Al-Kamandjati dans des lieux où la musique s’invite rarement : une maison de retraite, un centre de rééducation pour handicapés, les écoles des camps de réfugiés. A 15h00, les fanfares de l’organisation scout Serriyet Ramallah (Manara n°8) et du camp Al-Amari ouvriront l’autre partie du programme en circulant dans les rues de la ville. Plusieurs lieux offriront alors des concerts.

Derrière le centre culturel franco-allemand, dans un espace transformé en terrasse de café, une scène ouverte verra défiler à partir de 16h00 les étudiants du Centre pour de la chanson française et algérienne, les groupes Tourab et Dalouna, des musiciens classiques de la fondation Barenboim... Une ambiance de café-concert et de « café-terrasse » comme on dit à Beyrouth, pour être à l’unisson avec Paris, Berlin, Le Caire, Barcelone, Bruxelles ou Istambul.


Consultez l’ensemble des évènements programmés à l’occasion de la Fête de la musique à Jérusalem et dans les Territoires Palestiniens : Programmation culturelle du mois de juin

publié le 30/11/2006

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