Discours du Consul général à l’occasion de la Fête nationale Domaine National de Sainte-Anne 14 Juillet 2018

Béatitudes, Excellences
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Chers collègues,
Chers compatriotes et chers amis

Nous nous retrouvons aujourd’hui à Jérusalem, dans le domaine national de Saint-Anne et je voudrais commencer par tous vous remercier pour votre fidélité à ce rendez-vous et pour l’attachement que vous marquez à vos liens avec la France.

Chacun a pu mesurer cette année à quel point la question de Jérusalem restait centrale et sensible.

Le Président de la République a eu l’occasion de dire avec force que les proclamations unilatérales la concernant étaient dangereuses et ne servaient pas la cause de la paix.

Loin de prendre acte de la réalité, ces décisions l’ignorent en ne tenant pas compte de la richesse et de la complexité de l’histoire de la ville, de la diversité de sa population et des lignes de fractures qui continue à la traverser, qu’on le veuille ou non.

Emblématique, la question de Jérusalem l’est aussi de la constance du droit international. Porté par les nombreuses résolutions de l’assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations-Unies, c’est bien le droit qui définit la seule perspective sur laquelle la paix puisse s’imaginer, celle d’une ville devenant la capitale de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité, dont la place centrale pour le sentiment national du peuple israélien comme pour celui du peuple palestinien soit également reconnue tout comme l’importance qu’elle revêt pour les fidèles des trois grandes religions monothéistes.
Ces mêmes régressions qui ici menacent les chances d’une paix véritable, ailleurs fragilisent l’ordre international et font planer la menace du chacun pour soi.

Face à ces menaces, la France continuera à porter le message du multilatéralisme, de la coopération et du droit.

Elle se tient prête à promouvoir la reprise de négociations sur la base des paramètres de longue date reconnus comme étant les seuls à même de conduire à une paix juste et durable pour Israël comme pour la Palestine. Le Président de la République a annoncé son intention de se rendre en visite dans la région à l’automne.

A l’échelle globale, elle a décidé d’inviter une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement, pour se souvenir un siècle après la fin de la Première guerre mondiale et pour construire un avenir qui ne ressemble pas à ce passé des années 1920 et 1930, lorsque les Etats ont laissé la gouvernance mondiale s’affaiblir, les frontières se fermer, l’égoïsme prévaloir.

Ce sera le Forum de Paris sur la Paix qui rassemblera du 11 au 13 novembre tous les acteurs de la gouvernance globale et leur offrira un lieu d’échange autour de solutions pour mieux organiser notre planète afin de démontrer qu’il est encore possible de progresser malgré les nuages qui s’amoncellent.
Si vous partagez ces objectifs, si vous avez un projet de gouvernance, alors vous pouvez contribuer au Forum de Paris sur la Paix. Le site sur lequel déposer vos projets est accessible depuis le site internet du consulat.

La France a, au cours de l’année écoulée, confirmé dans les faits son soutien au peuple palestinien.

Malgré le report du séminaire intergouvernemental franco-palestinien, une série d’accords signés ou sur le point de l’être, illustre cet engagement : confirmation du montant de notre aide budgétaire directe ; soutien aux institutions et notamment à la formation des cadres à travers l’ENA palestinienne et l’Institut des Finances publiques ; investissements de l’AFD dans l’accès aux ressources en eau, dans la promotion des énergies renouvelables, soutien au secteur privé.

A cela s’ajoute une priorité en faveur de l’éducation et de la jeunesse à travers un soutien à la réforme de l’enseignement préscolaire en Palestine. Ce soutien prendra notamment appui sur le Lycée français international de Ramallah qui ouvrira à la rentrée prochaine de nouvelles classes et dont je me réjouis qu’il suscite un intérêt croissant et accueille un nombre toujours plus grand d’enfants.

Mais cette année fût aussi une année dramatique pour Gaza et pour ses habitants.

Face à ces souffrances, il est urgent que toutes les parties fassent sans délais les gestes attendus pour rendre aux habitants de Gaza la liberté de vivre dignement, de se déplacer, de mettre à profit leur formidable capacité à créer et à espérer.

Evoquant la situation à Gaza et le bilan humain très lourd des dernières semaines, je veux rendre hommage à l’action des ONG françaises et internationales mais aussi des organisations internationales et de leurs membres qui, à Gaza mais aussi bien sûr en Cisjordanie et à Jérusalem, rendent des services irremplaçables dans des conditions rendues souvent difficiles par les obstacles mis à leur action.

Dans ces temps difficiles, la France entend rester fidèle à elle-même, sans céder aux discours simplificateurs qui finissent toujours par devenir des discours de haine ou de mépris de l’autre.

Elle refuse avec détermination toute forme d’antisémitisme ou de remise en cause de l’existence d’Israël, et c’est bien sûr l’occasion d’évoquer la mémoire de Simone Veil et celle de l’écrivain et cinéaste Claude Lanzmann récemment disparu.

Elle refuse avec la même détermination l’injustice faite au peuple palestinien et le mépris de ses droits. Je pense en particulier aux habitants du village de Khan Al Amar où nous étions hier encore avec plusieurs collègues européens.
Je remercie nos hôtes, les pères blancs missionnaires d’Afrique du domaine national de Saint Anne et, à travers eux, à toutes les communautés religieuses qui sont une dimension essentielle de la présence française à Jérusalem et font ici un travail irremplaçable au service des plus démunis. Nous restons plus que jamais attachés à ce qu’elles puissent exercer leur mission sans entrave.
Enfin je souhait adresser mes remerciements à tous ceux dont la contribution nous a aidé à organiser cette réception et dont la liste figure sur nos supports de communication. Une mention particulière pour les principaux d’entre eux :

Le groupe MASLAMANI
Bank of Palestine
Al-Kaffa Clean Energy Solutions
Jerusalem Hotel
Birzeit Pharmaceuticals

Je vous remercie de votre attention et vous invite à écouter La Marseillaise
Vive la République !
Vive la France !
Et je vais faire une petite entorse au protocole en ajoutant : Allez les Bleus !

publié le 17/07/2018

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