Allemands, Palestiniens et Français échangent grâce à la vidéo

Ordinateurs, mini caméras et bancs de montage numérique : une trentaine de stagiaires parrainés par l’Office franco-allemand de la jeunesse (OFAJ) ont investi le premier étage d’un hôtel de Ramallah, fin mars. Trois associations - la française « Une Terre culturelle » (Marseille), l’allemande « Madaar » (Berlin) et la palestinienne « Union des comités des femmes palestiniennes(Ramallah) - ont organisé un séminaire sur les relations interculturelles avec des travailleurs sociaux ou des jeunes des trois pays. Comme outil : la vidéo. Après une première étape à Marseille et une seconde en Cisjordanie, le projet devrait s’achever en 2007 dans la capitale allemande par le montage final d’un film d’une trentaine de minutes. Tournage aux check-points et dans les rues de Bethléem, analyse de films, cours de montage, Rafik Mousli, un des initiateurs de ces ateliers et président de l’association « Une terre culturelle », s’explique.
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Comment est né ce projet ?

Notre association avait déjà monté des séminaires sur la gestion des conflits avec l’Algérie, le Kosovo ou la Macédoine. En 2004, des stagiaires ont demandé l’organisation d’un atelier pour témoigner des réalités locales. J’ai rencontré des Allemands qui travaillaient à Ramallah, et nous avons bâti ce projet tri-national autour de la jeunesse, les transports et la ville. La vidéo est un outil fort pour parler de la réalité, qui permet de réduire la barrière linguistique et culturelle. Cette expérience permet aussi d’expliquer le quotidien du conflit israélo-palestinien à des jeunes issus de l’immigration, avec lesquels notre association travaille.

Que vous a apporté cette expérience ?

La dimension tri-nationale est fondamentale, surtout avec un pays non-européen comme la Palestine. On lutte contre toute hiérarchie des cultures grâce à un échange solidaire et la découverte de la richesse des autres nations. Qu’apporte la dimension franco allemande ?La création de l’OFAJ après tant de conflits entre la France et l’Allemagne pourrait servir de modèle de réconciliation, sans calquer les réalités de l’Europe sur celles de la Palestine et d’Israël. Les Allemands sont nos voisins et nous travaillons facilement ensemble.

Propos recueillis par Victor DixmierRafik Mousli, président de « Une terre culturelle », et des participants palestiniens du séminaire consacré aux échanges interculturels.


Rejoignez la tribu OFAJ !

L’Office franco-allemand de la jeunesse (OFAJ) a été créé en 1963 dans l’esprit du « Traité de l’Elysée » qui scellait la réconciliation entre les deux ennemis, la France et l’Allemagne, incarnées par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer. L’objectif de l’office, dont les bureaux sont dans les capitales Paris et Berlin, est de développer les relations entre les jeunes des deux pays (sport, langue, formation). Ainsi, près de 200 000 jeunes bénéficient d’un programme ou d’une bourse par an dans le cadre de quelque 7000 réunions. Depuis quelques années, le « couple franco-allemand » s’ouvre à d’autres pays dont quelque 3000 jeunes sont concernés dans près de 350 programmes. C’est le cas de celui de Ramallah.

publié le 19/05/2006

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